C'est bien connu, les conversations d'un petit repas entre trois amis 590(istes) et régatiers reviennent inlassablement sur les compétitions de la saison. Une épouse s'en plaint, et voilà nos bateaux qui retrouvent leur vocation de dayboat habitable transportable pour convaincre ces dames de nous accompagner.

- Chiche ! On vous organise un week-end à trois bateaux avec les petites voiles. 

Et voilà comment naît le

     
       
     
Rien n'est laissé au hasard !            

Les dates des 5 et 6 juin 2010 sont arrêtées et l'organisation (prétexte à quelques bonnes retrouvailles hivernales) se précise. Cela motive un peu plus Hervé, Philippe et Jean pour réviser les bateaux. Cathy a trouvé quelqu'un pour lui tenir le magasin le samedi. Annie et Sylvie prépareront les pique-niques et on prévoit un  restau  le samedi soir sur le port de Royan.

- On peut mettre les bateaux à l'eau le samedi à Port Médoc, direction Royan via le phare de Cordouan, avec retour le dimanche en passant par Meschers.

La traversée de l'estuaire de la Gironde est simple mais ne s'improvise pas. Météo, courants, hauteur des vagues, bancs de sables, circulation de gros navires (ou de troncs d'arbres) ; cela mérite un minimum de préparation. Comme le conclut un document de sécurité sur la navigation dans l'estuaire de la Gironde, un marin averti en vaut trois.

Pour rassurer tout le monde un petit dossier s'impose :

- Distance entre les étapes.

- Vitesse des bateaux, à la voile ou au moteur.

- La marée : petit coefficient de 40.

- Courant : Inférieur à 2 noeuds par petit coefficient. (Info confirmée par un coup de fil au sémaphore du Verdon ou la SNSM de port Médoc ou encore à la capitainerie de Bordeaux qui maîtrise parfaitement la circulation des navires sur l'estuaire et qui, ma foi, est très accueillante).

- Vérification des équipements de sécurité, révision des codes de balisage et de la lecture de la carte. Récupération de quelques téléphones des centres de surveillance et de sauvetage.

 
Un plan B si necessaire                

Les incertitudes météorologiques pèsent sur notre raid comme une épée de Damoclès jusqu'à la veille du départ (orage prévu pour le dimanche).
Plusieurs scénarios sont envisagés pour lever les dernières inquiétudes, comme le rapatriement de Royan par le bac si nécessaire.

   
                                                 
7H32, l'expédition Matata quitte Arès                  

RdV est pris le samedi à 7h30 à la sortie d'Arès. La caravane arrive à Port Médoc vers 9h30 après une halte à Lacanau pour recaler Kido sur sa remorque. Il trépigne d'impatiente.

       
Les 590 gréés sont à l'eau vers 10h30 (la marée haute est à 12h et c'est parfait pour la mise à l'eau, car la cale est pentue et glissante sur le bas. Mieux vaut éviter une mise à l'eau à marée basse).
Bye, Port médoc !                                    

Café, croissants avant le grand départ au large…les filles aussi n'en mènent pas large.

Sortie de Port médoc sous toile (grand voile et solent) par force 2, c'est confortable. Cap sur Meschers au largue. Compte tenu des prévisions météo, le vent de nord ouest doit se renforcer dans l'après midi avec une menace d'orage, nous avons renoncé pour aujourd'hui à passer par Cordouan.

La flottille, un instant groupée, s'écarte peu à peu. Alors que Cailloc et Jujube visent les falaises de Meschers, Kido se rapproche plus rapidement de la côte pour la longer plus facilement au portant. C'est pas idiot car le retour vers Royan se fera au près et nous écartera du bord.

   
Un décor unique !  

Le décor est très surprenant, fait de hautes falaises dessinées dans le calcaire voilà cent millions d'années, creusées par la courbe du lit de la rivière et formant des grottes, que l'homme transforma en cavernes troglodytiques dont celles de Matata ou encore de Régulus, du nom d'un trois mâts sabordé ici en 1814 pour ne pas le livrer aux Anglais. Un alignement de cabanes sur pilotis (dit carrelets) complète le tableau pour en faire un décor unique.

   
   
 

Arrivée à l'entrée du port de Meschers, demi-tour vers la plage des Nonnes pour le pique nique. Hervé qui doute de ma navigation se renseigne auprès d'une plagiste locale (est-ce un prétexte ?). Elle lui indique qu'il s'agit de la plage des Cadets qui se trouve juste à coté de la plage des Nonnes. J'ai perdu, mais elle n'est pas nommée sur la carte. Sans doute parce que la légende dit que c'est le nom d'un célèbre naufrageur qui pillait les navires de l'estuaire.

Peu importe, le pique nique est excellent, le soleil est au RdV, la plage est en pente douce et protégée des vents d'ouest, les bateaux sont à l'ancre et nous attendent sagement sans s'échouer.

 
Les équipières assurent sans souci  

L'après midi, le vent se renforce, la houle, contraire au vent, est cassante. Néanmoins avec les petits focs, les équipières assurent sans souci dans les virements et n'on pas le temps de s'inquiéter des embruns ou de l'angle de gîte. Nous atteignons Royan à 17h. Il est déjà trop tard pour les jetons des douches et les plus courageux se lavent sur le ponton. Les autres attendront demain. C'est la dure vie de marin.

                                             

Une petite visite à la grand-mère pour Philippe et Annie. Pour les autres, un petit tour dans la ville de Royan qui ne vieillit pas si mal avec son architecture moderniste des années 50, après qu'elle ait subi durement les bombardements de 1945. Il y a de l'animation autour du port et du shopping pour tous les goûts.

                                             
Les choses sérieuses commencent !              
                                             
                       
  On a faim et soif ; le restaurant « Le Dauphin » qui était réservé pour 21h nous voit débarquer à 19h30. Il est très correct et sa terrasse sur le port, nous permet d'avoir un œil sur les bateaux.
                       
                               
Une bonne nuit, enfin presque !        

A 23h tout le monde est un peu éteint. Sauf que, fête du nautisme oblige, un orchestre sur le port distille des décibels qui nous font rêver de mouillages forains. Enfin à 2h du matin le tonnerre et quelques trombes d'eau ramènent le calme.

   
                             
Cordouan est définitivement oublié..... pour aujourd'hui      

Dimanche rien ne presse et le réveil est progressif.
Petit déjeuner dans un café jaune vif qui nous fait penser à « El Tigre ». Puis visite à la capitainerie pour régler la nuit et étudier la météo. « Vents de nord-ouest force 4 se renforçant à 5 l'après midi avec rafales à 6 ». Cordouan est définitivement oublié pour aujourd'hui. Prudemment nous décidons de rentrer sur Port Médoc. Départ à 11h avec un ris. La traversée prendra moins de trois quarts d'heure. Un peu de près en direction de Port Bloc sur la route des bacs que nous croisons, puis du largue jusqu'à Port Médoc. Les vagues sont plus impressionnantes que la veille mais le vent est dans le même sens que le courant montant et nos 590 montent et descendent sans secousses. Le temps nuageux donne au ciel et à l'eau des couleurs contrastées offrant un décor magique et inquiétant. Dommage pour les photos mais chacun est accroché à son écoute et les appareils restent à l'abri dans leur caisson étanche.

 
Peut être de futurs projets....  

La balade prend fin. Les bateaux sont hissés sur les remorques et désarmés. La carte est dépliée autour des derniers restes de pique nique. Peut-être pour de futurs projets : Pourquoi pas Pauillac – Port Médoc via une nuit dans le port à flot de Mortagne, ou encore La Rochelle- Saint Martin de Ré ?

     
     
     
Preuve s'il en fallait que tout s'est bien passé, malgré une météo imparfaite. Les filles un peu rassurées sont prêtes à recommencer et les garçons satisfaits de leur avoir fait partager les plaisirs de leur jouet sans forcément faire la course … enfin presque, les réflexes sont toujours là et… le dernier arrivé ….a perdu !
     
Plus de photos sur le raid Matata
Jujube, Kido, Cailloc